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SUNday - 04/06/2017 01:43
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Voici les contenus et la table des matières de Revue FAP

Numéro 1: La  littérature vietnamienne  francophone - Publié au Septembre 2017

TEXTE DE CADRAGE
                         Pour le numéro 1: La  littérature vietnamienne  francophone
                                                                              Alain GUILLEMIN
                                                                       Directeur scientifique du numéro 1

De la fin du XIX° siècle à nos jours, c’est à dire du temps colonial à l’espace francophone, les écrivains vietnamiens de langue française ont publié plus  de 200 ouvrages  (Un inventaire précis reste à faire), en majorité des romans, mais aussi des recueils de nouvelles ou de contes, des biographies, des  pièces de théâtre et des poèmes.
L’apparition de la littérature vietnamienne francophone est évidemment liée à la colonisation française et à l’influence culturelle qui en a résulté. Elle ne peut se développer que lorsque les élites vietnamiennes sont suffisamment francisées pour former un public et un vivier d’auteurs. Jusqu’en 1945, l’audience  de la littérature vietnamienne reste cantonnée au Viêt Nam, peu d’ouvrages sont publiés en France et jamais chez de grands éditeurs. Ce n’est que dans le troisième quart du XIX° siècle que la littérature vietnamienne de langue française, confrontée aux deux guerres du Viêt Nam développe une vocation de littérature de témoignage à caractère universel. Ces écrivains, qu’ils y résident ou non, sont publiés en France, souvent chez de grands éditeurs. Entre 1975  et la fin du siècle, la littérature vietnamienne francophone est à la recherche d’un nouveau souffle. En effet les écrivains vietnamiens de langue française doivent faire face à une nouvelle articulation du champ littéraire et du champ politique. Ce qui importe, c’est moins le nombre des œuvres que la déstructuration de la communauté des écrivains et du public potentiel. Au Viêt Nam, les anciennes générations francophones disparaissent et ne sont pas remplacées numériquement  par de nouvelles générations. C’est pourquoi les écrivains d’expression française restés au Việt Nam ne publient plus, faute de public. Ces œuvres sont majoritairement publiées en France et au Canada où se sont installés les écrivains.
Depuis le début des années 2000 on observe l’arrivée sur le champ littéraire de la littérature francophone, en France et au Canada, d’écrivains nés après 1970, la plupart du temps dans leur pays d’accueil. Ces écrivains, en majorité des femmes, ont parfois reçu un assez bon accueil critique. D’autre part chez les éditeurs les plus divers, sont parus un certain nombre de contes, traduits ou adaptés du vietnamien et destinés aux adultes comme aux enfants. Reste à savoir si ce  renouveau sera durable.
De la veille de la première guerre mondiale à nos jours, les écrivains vietnamiens francophones ont développé, plus ou moins successivement, quatre thématiques interdépendantes : la célébration des valeurs de la terre natale, la chronique des effets du choc culturel  entre  l’Orient et l’Occident, le récit des guerres coloniales et civiles, la douleur de l’exil. Ce faisant, la littérature vietnamienne de langue française a rempli au moins  trois fonctions. D’une part, elle a familiarisé les écrivains vietnamiens avec les thèmes, les genres et les valeurs de la littérature française, partie prenante de la tradition occidentale. D’autre part, elle a été le véhicule d’une critique moderniste de la société traditionnelle. Enfin le choix de la langue française permet de porter sur la scène littéraire internationale les valeurs universelles de la culture vietnamienne et la chronique des souffrances d’un peuple, témoin et victime des grands conflits politiques et idéologiques du XX° siècle.
La littérature vietnamienne de langue française a été longtemps une parente pauvre  des études francophones en métropole. Les chercheurs et universitaires français ne lui ont consacré que quelques articles ou quelques rubriques, dans le cadre d’anthologies de littérature francophone.  En revanche, à partir des années 1980, dans la mouvance des « post colonial studies », les universitaires américains   ont donné un nouvel élan aux études sur la littérature vietnamienne de langue française. Le premier ouvrage de synthèse  a été écrit en 1987 par Jack Yeager.1 D’autres chercheurs américains se sont intéressés au sujet et leurs étudiants lui ont consacré des mémoires et des thèses. En France aussi, des thèses ont commencé à être soutenues, notamment par des Vietnamiens venus en France faire leurs études. De ce fait, le nombre d’articles publiés sur la littérature vietnamienne de langue française a augmenté dans les revues francophones.
Ce numéro spécial sur la littérature vietnamienne francophone a pour ambition de faire le point et de lancer de nouvelles pistes. Nous savons que les « postcolonial studies », maintenant largement représentées dans les études sur la littérature vietnamienne francophone, ont pour objet d’étudier la construction d’une identité culturelle et nationale dans les pays colonisés, en s’appuyant sur des notions et des concepts tels que genre, race, ethnicité, hybridité, altérité etc. Il serait intéressant de faire le bilan des apports de cette méthode appliquée à la littérature vietnamienne francophone. Peut être que la théorie du polysystème  développée  par Even-Zohar et Gideon Toury pourrait être utilisée avec profit pour ouvrir de nouveaux horizons méthodologiques.
Sans vouloir être exhaustif, il est possible de suggérer quelques pistes d’investigation. On manque d’études comparatives entre la littérature vietnamienne d’expression française et les autres littératures francophones coloniales, qu’il s’agisse des thématiques littéraires, de la construction de l’identité  ou des logiques éditoriales. Le renouveau, peut-être fragile, de la littérature vietnamienne francophone et des études qui lui sont consacrées, depuis le début des années 2000, mériterait une étude de synthèse. Si l’on remonte dans le temps, à l’origine de la francophonie au Viêt Nam, une analyse des œuvres respectives de Trương Vĩnh Ký (Petrus Ky, 1837-1898) et de Huỳnh Tịnh Của (Paulus Cua, 1834-1907), serait particulièrement éclairante. Enfin, dans l’univers de  la littérature vietnamienne de langue française, les études se sont focalisées sur le roman, au détriment du théâtre, de la nouvelle et surtout de la poésie, chantiers à explorer.

TABLE DES MATIÈRES

 


- Numéro 2 (03/2018) : L'architecture française en Asie Pacifique : un patrimoine culturel à conserver

Directeur scientifique : Emmanuel Cerise, Co-directeur de l'Institut des métiers de la ville, Représentant de la coopération décentralisée entre la Région Île-de-France et le Comité Populaire de Hanoi


- Numéro 3 (09/2018) : Le théâtre français en Indochine

Directeur scientifique : Corinne Flicker, Maître de conférences Habilité à Diriger les Recherches en Littérature française, Aix-Marseille Université, France


- Numéro 4 (03/2019) : La formation universitaire française et francophone face à la mondialisation


- Numéro 5 (09/2019): Vĩnh Bang, itinéraire atypique d’un prince oriental au psychopédagogue suisse

Nguyen Thuy Phuong, chercheuse associée aux universités Genève et Paris Diderot

Marc Ratcliff, FPSE, Université de Genève et président de la Fondation Jean Piaget

Texte de cadrage no5


 


 
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